DUCHARME - ''L'avalée des avalés' - Comptoir Littéraire

Un étudiant reconnu absent au cours du semestre à plus de trois séances de travaux dirigés ...... Bonnard, H., 1982, Synopsis de phonétique historique, SEDES.

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un extrait du document


www.comptoirlitteraire.com André Durand présente ''L'avalée des avalés''
(1966) roman de Réjean DUCHARME (280 pages) pour lequel on trouve ici un résumé
puis successivement l'examen de :
l'intérêt de l'action (page 3)
l'intérêt littéraire (page 11) Bonne lecture !
Résumé Vivant sur une île du Saint-Laurent, dans une abbaye désaffectée, avec ses
parents, le juif Mauritius Einberg et sa femme, une catholique polonaise,
qui ne cessent de se déchirer et se sont partagés leurs deux enfants,
Bérénice, la narratrice, qui a neuf ans, que son père traîne à la
synagogue, refuse d'être «avalée» par le monde extérieur, par l'attraction
qu'exerce sur elle sa mère à laquelle elle livre une lutte violente, dont
elle tue les chats, et que, pour exprimer son agressivité à son égard, elle
appelle, après avoir tué son chat, Chat Mort puis Chamomor. Enfant rebelle,
elle s'oppose aussi à ses précepteurs, le «rabbi» Schneider et Rébecca
Ruby. Quand il revient de pension, elle s'accroche avec fougue et passion à
son frère, le catholique Christian, qui a onze ans, qui l'initie aux joies
de l'exploration de la faune et de la flore, mais est trop lâche pour
s'évader avec elle. Au printemps, arrivent des cousins, les uns
catholiques, les autres juifs, qui vont passer là des vacances
mouvementées. Bérénice a bientôt une rivale dans le c?ur de Christian, «la
grande-duchesse de Mingrélie», et est déchirée par la jalousie. Einberg
l'envoie en Californie où, retrouvant son amie, Constance Chlore Cassman,
elle voudrait qu'elle remplace en son c?ur Christian. À son retour, elle
entre en classe où elle subit toute la journée Rébecca Ruby, ce qui exalte
sa volonté de puissance et sa révolte. Elle fait une grave crise d'anorexie
à la suite de laquelle elle se réconcilie avec sa mère. Mais, bientôt, elle
rêve de nouveau d'évasion, convainc son frère d'une fugue qui les conduit
jusqu'à une raffinerie de pétrole et une arrestation par la police, se
lance, avec Constance Chlore, dans des vagabondages, des conversations
intimes, des billets secrets. Elle commet tant de méfaits, et montre un
amour si immodéré pour son frère que M. Einberg, qui se sépare de Chamomor,
décide de l'expédier à New York chez un de ses cousins, Zio.
Ce juif rigoriste, qui vit avec sa nombreuse famille dans un «columbarium»
(immeuble à appartements), reçoit la mission de lui imposer sa discipline.
Ses réactions n'en sont que plus vives et mieux organisées : elle se
rebelle contre l'orthodoxie juive, s'empiffrant le jour du sabbat du fruit
de vols, le défiant par sa tenue scandaleuse. Avec Constance Chlore, qui
l'a accompagnée en son exil et dont elle protège la pureté, elle se livre à
des élucubrations métaphysico-poétiques et à des jeux de langage
«complètement idiots» où le rire («Le rire est le signe de la lumière») se
mêle au désespoir, et qui leur procurent le sentiment de quelque chose
d'infini, d'où leur mépris de tout le reste ; elles se récitent aussi des
vers d'Émile Nelligan. Mais, un jour, son amie, est happée par une voiture,
et meurt dans ses bras. Désormais, la révolte de Bérénice contre la société
est exacerbée. À l'école, elle passe pour une marginale incapable de se
conformer aux normes, et se fait remarquer par ses discours sur la
résistance à l'avalement par la haine, l'agressivité, l'affirmation de la
liberté, le sentiment de la fuite du temps. Tandis qu'elle envoie à
Christian un flot de missives enflammées qui restent sans réponse, elle
refuse de parler à ses parents qui sont venus la voir. Elle connaît ses
premières menstruations, se révolte contre son corps et, pour explorer la
sexualité, par défi et dérision, lit des romans pornographiques. Ses
parents, qui voudraient la reprendre, se le voient interdire par Zio. Avec
le jeune Américain Dick Dong, qui la veut pour copine mais dont elle ne
supporte pas la moindre caresse, elle décide que la liberté, ça se prouve,
et passe une nuit dans la rue. Renvoyée de l'école, séquestrée dans sa
chambre, elle s'évade périlleusement en se jetant par la fenêtre, mais
revient au «columbarium». Elle laisse alors déborder sa colère contre son
cousin, Mordre-à-Caille, être vil et amorphe qu'elle fait débouler dans les
escaliers pour le tirer de son apathie. L'oncle l'enferme, nue, dans
l'armoire de la salle de bains. Se sentant devenir folle mais décidée à
résister jusqu'au bout, elle entreprend de se souvenir de tout ce qu'elle a
vécu avec Constance qui est maintenant devenue pour elle Constance
Exsangue, se gravant dans l'esprit ses moindres gestes, ses paroles
exactes. Elle se met en chasse de petites filles qui, par leur fragilité
gracieuse, lui rappellent son amie. Une escapade avec l'une d'elles,
Constance Kloür, finit mal : colère des parents, ivresse, délire, incendie.
Pour rompre sa solitude, elle tente une relation avec un piteux
pornographe, Blasey Blasey. Elle suit un cours de ballet où elle s'éprend
de Jerry de Vignac, un jeune efféminé, et décide de se faire embrasser par
lui le jour de la représentation publique. Mais il la repousse, et,
furieuse de son échec, elle se mutine. À la suite de ce dernier coup,
l'oncle abandonne la lutte, et la renvoie.
Dans l'île, M. Einberg la reçoit mal, lui met sous les yeux ses lettres
délirantes à Christian qu'elle essaie pourtant d'entraîner dans de
nouvelles fugues. Aussi son père l'envoie-t-elle en Israël pour, dans une
milice formée de jeunes Canadiens, combattre les Arabes sur le front
syrien. Elle y retrouve le «rabbi» Schneider, y rencontre le bel aventurier
Graham Rosenkreutz et surtout Gloria, la lesbienne, avec laquelle elle se
plaît à s'afficher tout en étant habitée par le souvenir de Constance
Exsangue qui l'interpelle sans cesse. Alors que l'armistice vient d'être
signé et qu'il faut éviter tout incident, elle se découvre un profond désir
de tuer, un instinct de destruction qui va en s'accentuant, une haine
absolue, sans discernement. Envoyée avec Gloria dans un avant-poste, elle
ne peut s'empêcher d'appuyer sur la détente de sa mitraillette, déchaînant
ainsi, entre les armées ennemies, un enfer où elle se fait un bouclier du
corps de Gloria qui est criblé de balles, ce qui fait qu'elle est
considérée comme une héroïne. Analyse
(la pagination est celle de l'édition Folio) Intérêt de l'action ''L'avalée des avalés'' est un roman très riche qui suit le déroulement de
la vie de la narratrice, Bérénice Einberg, qui raconte ses orageuses
relations avec ses parents, avec son frère, avec son amie, son séjour à New
York puis sa participation à la guerre en Israël, l'action évoluant d'un
monde étrange, fantaisiste, onirique, vers un monde plus réaliste, plus
vraisemblable. C'est, d'une certaine façon, un roman picaresque, une de ces ?uvres à la
construction très lâche, hachée, où, au fil de chapitres courts et
nombreux, s'accumulent des aventures qui n'ont de lien entre elles que par
la présence du héros, qui tiennent surtout leur unité de l'humeur qu'il
affiche et du ton sur lesquelles elles sont contées.
L'évolution de la révolte de Bérénice, de ses émotions, de ses sentiments
exacerbés pour sa mère, son frère ou son amie, se concrétise dans des
épisodes particulièrement dynamiques :
- Au retour de Christian, la folle poursuite par Bérénice et la bataille
entre eux. (pages 36-37).
- L'animation lors du séjour des cousins : la navigation sur le cotre en
costumes historiques (pages 76-80).
- La lutte contre la mère qui suscite le nom de «Chamomor» (page 84).
- Le tournoi d'athlétisme auquel participe Christian (pages 98-99).
- L'aventure du voyage sur l'''Elga Dan'' qui est imaginée avec une
fantaisie débridée, mais se termine piteusement (pages 150-160).
- L'assassinat et le suicide du jardinier (pages 164 et 165), événements
qui, cependant, n'ont aucune incidence sur la suite, comme, plus loin, la
terreur semée par Trois, le nouveau chat de Chamomor (page 169).
- La lutte frénétique et comique d'Einberg pour reprendre à Zio Bérénice,
elle-même en proie à un grand trouble (pages 210-211).
- La tentative d'évasion avec Constance Chlore (pages 222-223).
- La mort brutale de Constance Chlore (pages 225-227), moment de grande
intensité.
- La résistance à Zio (pages 238-242, 250-253).
- Le renvoi de l'école, la séquestration, l'évasion extraordinaire et le
retour paradoxal (pages 265-266).
- La correction infligée à Mordre-à-Caille (page 269).
- L'escapade avec Constance Kloür et ses suites : colère des parents,
ivresse, délire, incendie (pages 278-282).
- Le spectacle de danse et la mutinerie de Bérénice (pages 289-292).
- Les retrouvailles décevantes avec Christian (pages 312-316).
- La guerre entre Israël et les Arabes qui a été mentionnée dès la page
108, à laquelle partent le «rabbi» Schneider (page 129), puis Bérénice
(page 326) qui fait partie d'une milice, s'y affronte avec Rosenkreutz
(page 357), s'y commet avec Céline (pages 370-372) et Gloria avec laquelle
elle se retrouve à «l'avant-poste 70» (page 376) où, ayant le sentiment
d'être condamnées à mort, elles ont à nourrir un feu dans le silence
inqui
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